Analyse de la situation des camps de jour en Montérégie pour les personnes handicapées

Télécharger le document en format PDF

Télécharger le document en format Word

État de situation, constats et revendications

Logos Zone loiosirs, GAPHRS' et GAPHRY

 

Analyse de la situation des camps de jour en Montérégie pour les personnes handicapées

État de situation, constats et revendications

Été 2019

Remerciements

Nous tenons à remercier les parents, les organismes de personnes handicapées, les municipalités et les villes qui ont contribué à alimenter l’état de situation contenu dans le présent document. Merci d’avoir accepté de collaborer à cette démarche de consultation et d’analyse en vue d’améliorer la situation des enfants à besoins particuliers dans les camps de jour estivaux de la Montérégie.

 

Membres du comité de travail

(Recherche, analyse et rédaction)

 

Marie-Élaine Thibault-Marleau

Agente de développement, Zone Loisir Montérégie

 

Nancy Côté

Présidente, Groupement des Associations de personnes handicapées de la Rive-Sud de Montréal (GAPHRSM)

Directrice générale, Association des personnes handicapées de la Rive-Sud Ouest (APHRSO)

 

Pauline Couture

Directrice générale, Groupement des associations de personnes handicapées de la Rive-Sud de Montréal (GAPHRSM)

 

Stéphanie Messier

Directrice, Groupement des associations de personnes handicapées du Richelieu-Yamaska (GAPHRY)

Un merci spécial aux organismes membres des regroupements qui ont participé au contenu du présent document.

 

Table des matières

 

Présentation et objectif de la démarche. 2

 

Présentation des résultats

 

Constats. 8

Conclusion. 11

Revendications: 13

 

Présentation

Au cours des dernières années, plusieurs municipalités de la Montérégie ont interpellé leurs partenaires et leurs regroupements sectoriels afin d’échanger et mettre en lumière certaines difficultés vécues en ce qui a trait à l’inclusion des enfants handicapées ayant des besoins particuliers en camp de jour estival. L’augmentation du nombre de demandes, les problématiques comportementales et de violence des enfants qui s’accentuent, la difficulté de recrutement et le manque d’expérience et de formation du personnel étudiant sont autant d’éléments de discussion pour lesquels des pistes de solutions semblent difficiles à mettre en place. En parallèle, les organismes communautaires offrant des camps de jour aux personnes handicapées nous ont également indiqué à plusieurs reprises au cours de cette même période, rencontrer des difficultés similaires.

 Devant ce constat et dans une perspective de soutien aux partenaires, de qualité et d’amélioration des services, le GAPHRSM et le GAPHRY ont choisi au printemps dernier d’unir leurs forces dans le but de documenter et ainsi pouvoir établir un portrait de la situation réelle en Montérégie. Les regroupements régionaux ont également fait appel à Zone Loisir Montérégie pour participer à la démarche de consultation.

 Cette collaboration a permis de mettre sur pied un comité de travail qui s’est penché sur une stratégie d’intervention à mettre de l’avant. Il a alors été convenu qu’un sondage soit réalisé afin de documenter la situation et ainsi alimenter la réflexion sur les suites à donner dans ce dossier. Il a également été convenu de recueillir par sondage certains éléments d’informations auprès des parents dont l’enfant a fréquenté le camp de jour au cours de la dernière année. Ces deux démarches ont donc été réalisées au cours de l’été 2019 et les résultats ont été compilés en automne.

 

 

Objectif de la démarche

 

  • Documenter la situation vécue tant du côté des municipalités que des organismes communautaires
  • Recueillir les commentaires des familles dont l’enfant fréquente un camp de jour estival
  • Établir des constats et des recommandations (à la lumière des informations obtenues)
  • Présenter les résultats et les recommandations aux municipalités, ministères, partenaires et organismes concernés

 

Présentation des résultats

Les répondants

64 organisations ont répondu au questionnaire

  • 50 villes et municipalités provenant autant de milieux urbains que ruraux et couvrant l’ensemble du territoire de la Montérégie
  • 14 organismes communautaires œuvrant en Montérégie

 

Demandes d’inscription

1 604 demandes d’inscription de personnes ayant des besoins particuliers (été 2019)

  • 1 006 demandes de personnes ayant des besoins particuliers en camp municipal
  • Les organismes communautaires ont reçu 598 demandes

 

Identification des personnes qui ont présenté une demande

Type de limitations présentes chez les personnes qui ont fait une demande au camp de jour municipal 

Trouble du spectre de l’autisme        25 %

Déficience intellectuelle                     14 %

Trouble du langage                           14 %

Déficience physique                          11 %

Trouble de santé mentale                   9 %

Déficience auditive                              7 %

Déficience visuelle                               3 %

Trouble de la santé                              2 %

*Autres                                               15 %

 

Type de limitations présentes chez les personnes qui ont fait une demande au camp de jour offert par un organisme communautaire

Déficience intellectuelle                     18 %

Trouble du spectre de l’autisme        13 %

Trouble de santé mentale                 16 %

Trouble du langage                           12 %

Déficience physique                          12 %

Déficience auditive                            12 %

Déficience visuelle                               5 %

*Autres                                               12 %

 

À noter que les personnes nommaient dans « Autres », le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité ou trouble anxieux. Nous n’avons donc pas comptabilisé ces données dans la catégorie « trouble de santé mentale ». Nous pouvons donc supposer que le pourcentage dans la catégorie « trouble de santé mentale » est, en réalité, plus élevé.

 

 

Âge des personnes ayant des limitations qui ont fait une demande au camp de jour municipal

 5 à 12 ans      85 %

13 à 17 ans    15 %

 

Âge des personnes ayant des limitations qui ont fait une demande de participation au camp de jour offert par un organisme communautaire

5 à 12 ans    25 %

13 à 17 ans    13 %

18 à 35 ans    25 %

35 à 54 ans    19 %

55 ans et plus 18 %

  

Traitement de la demande

Quels outils utilisez-vous afin de bien évaluer les besoins de la personne ayant des limitations?

La majorité des camps de jour font compléter un formulaire aux parents ou aux tuteurs préalablement et suite aux informations reçues, les responsables du camp se réfèrent aux intervenants du réseau de la santé et services sociaux autant qu’aux intervenants du milieu scolaire. Cependant, une minorité n’a reçu des informations que de la famille immédiate et quelques-uns n’ont reçu aucune information sur les difficultés.

 

Est-ce que cet outil de cueillette d’information était suffisant pour bien évaluer les besoins ?

Oui      65 %

Non     35 %

 

35 % des répondants mentionnent que la cueillette d’information ne permet pas de bien évaluer les besoins des personnes. Les parents omettent de donner certaines informations pertinentes afin de bien évaluer la demande. Ils mentionnent également que d’avoir accès aux intervenants ressources qui interviennent auprès de la personne ainsi que des différents rapports, dont ceux du milieu scolaire, améliorerait grandement la cueillette d’informations pour bien cibler les besoins des personnes.

Notons que certains enfants en bas âge n’ont pas toujours de diagnostic et/ou d’intervenant lors de leur demande d’admission ou pendant leur fréquentation au camp de jour, ce qui peut complexifier l’analyse de la demande et la réponse aux besoins.

Est-ce que vous avez été dans l’obligation de refuser la participation de certaines personnes?

Oui      32 %

Non     68 %

 

Sur l’ensemble des répondants, 20 organisations ont refusé la participation à des personnes ayant des limitations. Ce sont 83 personnes qui ont accusé un refus, ce qui représente 5 % du nombre total de demandes.

Plusieurs organisations mentionnent ne refuser aucune candidature. Cela démontre la volonté des organisations à vouloir inclure les personnes ayant des besoins particuliers à leur offre de service de loisir estival.

 

Commentaires reçus :

« Pour nous, il est toujours difficile de voir comment on pourrait refuser des jeunes qui ne peuvent pas être intégrés (1 :1, syndrome de Rhett) puisqu’il n’y a pas de ressources autres pour elles. Les cas sont de plus en plus lourds et de plus en plus nombreux, nous avons maintenant autant d’accompagnateurs que d’animateurs sur un de nos sites, nous ne pourrons pas financièrement continuer d’augmenter ».

« Malgré que nous fassions tout notre possible pour ne pas refuser quelqu’un, il nous est impossible de faire des miracles. Nous essayons le plus possible d’accommoder les familles. Mais nous devons considérer la sécurité de la personne ainsi que la sécurité des employés. Et surtout être certain que nous répondons aux besoins de la personne ».

« Nous n’avons refusé personne, mais nous accueillons des enfants qui ne s’intègrent pas aux activités. Ceux-ci passent les journées avec leurs accompagnateurs sur les parcs entourés des autres enfants ».

 

Raisons données pour refuser un participant

 

Manque de personnel            29 %

Trouble de comportement     20 %

Problématique de fugue        18 %

Trouble de santé                    10 %

Soins d’hygiène                     10 %

Accessibilité                             8 %

Médication                               5 %

 

Avant de refuser la participation d’un candidat, avez-vous envisagé de mettre en place des mesures d’accommodement ?

Non     53 %

Oui      47 %

 

Explications :

La sécurité des participants et des employés était compromise. Le manque de formation et d’expérience des accompagnateurs ne permettait pas d’accueillir la personne au camp de jour. Des raisons monétaires furent également données puisqu’ils ne disposent pas toujours de moyens financiers suffisants pour l’embauche d’accompagnateurs. L’absence de lieux accessibles ou adéquats pour répondre aux besoins a également été évoquée.

 

Étiez-vous en mesure de référer le participant vers une ressource capable de répondre à ses besoins ?

Non     62 %

Oui      38 %

Les camps auraient aimé savoir où référer les personnes lorsqu’elles sont refusées.

 

Commentaires reçus :

« Il est difficile de refuser des jeunes. Nous nous sentons obligés de leur offrir un service malgré le fait que nous sommes conscients que nous n’avons pas les conditions gagnantes ».

  

De façon générale, comment se déroule le moment où vous devez informer le parent ou le tuteur de votre refus ?

 

La majorité des parents comprennent les difficultés que l’inclusion de leur enfant comporte. Cependant, la déception et la colère sont ressenties. Les parents se demandent ce qu’il adviendra avec leur enfant pendant la saison estivale, car ils ne connaissent pas les autres ressources qui pourraient répondre aux besoins de leur enfant.

 

Profil des accompagnateurs

 

Comment qualifieriez-vous le niveau de difficulté d’embauche de vos accompagnateurs?

 

Facile              18 %

Difficile            49 %

Très difficile    33 %

 

82 % des répondants qualifient l’embauche d’accompagnateurs comme étant difficile à très difficile.

 

 

Âge des accompagnateurs

 

63 % des accompagnateurs sont âgés de 16 à 18 ans

37 % des accompagnateurs sont âgés de 19 ans et plus

 

Selon vous, est-ce que les accompagnateurs étaient suffisamment outillés pour bien exécuter leur travail ?

 

Selon les répondants, un accompagnateur sur deux serait suffisamment outillé pour bien exécuter son travail auprès des personnes ayant des besoins particuliers.

 

Est-ce que vous étiez en mesure d’offrir des formations à vos employés avant le début du camp?

Oui      87 %

Non     13 %

 

Retrait des participants aux camps de jour

25 organisations ont été dans l’obligation de retirer des participants de leur camp de jour, ce qui représente 52 enfants.

Les problématiques de violence et des troubles graves de comportement représentent 51 % des motifs de retrait, alors que 37 % des motifs de retrait sont reliés aux problématiques de fugue et à la sécurité compromise.

Le manque de personnel a également été soulevé à 6 %

Autres : 6 % (non précisé)

 

Liste de moyens mis en place avant que la décision de retirer la personne du camp de jour soit prise :

  • Adaptation des activités;
  • Politique tolérance zéro concernant la violence;
  • Communication avec les parents;
  • Rencontre pour un échange de solutions avec les parents;
  • Système d’émulation, renforcement positif;
  • Changement de groupe;
  • Adaptation des interventions des animateurs;
  • Mise en place du code de vie;
  • Diminution du temps de fréquentation.

Liste des difficultés les plus importantes rencontrées et leurs impacts :

  • Les problématiques de violence physique envers les participants et le personnel;
  • Le manque de formation, d’expérience et de personnel qualifié;
  • L’absence de support et de soutien externe;
  • Des locaux inadéquats (accessibilité, grandeur, nombre, lieu physique, chaleur, etc.);
  • Difficultés à gérer les désorganisations fréquentes;
  • Difficultés à prodiguer certains soins de santé ou d’hygiène;
  • Surcharge de travail, épuisement, blessure, maladie, augmentation des dossiers à la CNESST;
  • Difficulté de recrutement et de rétention du personnel, démission en cours d’été;
  • Insatisfaction et inquiétudes (enfants, parents, employés, gestionnaire).

 

Constats

En tenant compte des résultats de la présente démarche de consultation, nous ne pouvons que dégager certains constats qui nous amènent inévitablement vers des questionnements qui devront à leur tour faire l’objet d’une large réflexion. Pour ce faire, reprenons par étape les divers éléments contenus dans l’état de situation présenté.

Identification des personnes présentant une demande en camp de jour

Selon les résultats obtenus, nous constatons d’une part, une augmentation significative et en constante progression du nombre de demandes d’enfants à besoins particuliers dans les camps de jour. D’autre part, on remarque que les participants inscrits requièrent une plus grande intensité d’intervention en raison de besoins spécifiques reliés soit aux conditions de la personne (santé, hygiène, mobilité, etc.) ou en raison de comportements à risque (violence, fugue, etc.) pouvant compromettre la sécurité tant des participants que du personnel en place.

Cette augmentation du nombre de demandes à laquelle s’ajoute un niveau de plus en plus élevé d’intervention est pour nous inquiétante, en raison de la pression que cela exerce sur les dispensateurs de services qui eux, disposent généralement de ressources limitées pour répondre aux demandes.

Notons par ailleurs que cette pression s’accentue pour les organismes communautaires qui, en plus de devoir tout comme les villes, composer avec une diversité de besoins à combler, accueillent également en camp de jour des participants âgés de plus de 12 ans.

D’ailleurs, selon les commentaires reçus provenant des parents, plusieurs mentionnent ne pas faire de demande aux villes et s’adressent directement aux organismes communautaires en raison soit de refus antérieurs ou en raison de l’âge de l’enfant.

Traitement des demandes

Lors de l’évaluation des demandes, les répondants ont été nombreux à indiquer leur difficulté à obtenir une information adéquate quant aux besoins spécifiques des enfants pour qui une demande est effectuée. Tant du côté des villes que des organismes, on relate que les formulaires à compléter par les parents ou les tuteurs sont souvent incomplets et ne permettent pas toujours une évaluation juste des besoins et des mesures à mettre en place. Les répondants ajoutent également que le manque d’accès au dossier scolaire de l’enfant et l’absence d’intervenant ressource du réseau de la santé et services sociaux contribuent également à rendre le traitement de la demande complexe dans certains cas.

À l’inverse, lorsque l’information est complète et qu’elle relate que les participants nécessitent des mesures particulières en lien avec des besoins personnels importants ou reliés à un encadrement spécifique visant à assurer la sécurité de tous, le traitement de la demande peut tout de même s’avérer complexe en raison de la difficulté à mettre en place les mesures requises pour répondre efficacement aux besoins identifiés.

Faisant face à des ressources matérielles et financières très souvent limitées et en l’absence de personnel qualifié et expérimenté, la plupart des villes et des organismes tentent malgré tout l’exercice d’évaluer la mise en place de mesures et le cas échéant, de mesures d’accommodement.

Cependant, l’exercice ne permet pas toujours une réponse satisfaisante, car malgré la bonne volonté des acteurs et le désir de répondre de manière adéquate, les répondants mentionnent qu’il n’est pas toujours possible d’offrir un service de qualité et surtout, sécuritaire pour tous.

Devant cet état de situation, nous pourrions alors conclure que le nombre de demandes refusées est élevé et pourtant, on constate que celui-ci ne représente que 5 % des demandes reçues. Comment expliquer ce faible taux, alors que les villes et les organismes ne cessent de marteler l’inadéquation entre les besoins et les ressources pour y répondre ?

La réponse se situe selon nous dans l’éventualité qu’un refus soit interprété comme étant un motif de discrimination fondé sur le handicap et qu’une plainte soit déposée en ce sens auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ). Tant du côté des villes que des organismes, cette crainte est très présente lorsque l’on constate que la réponse aux besoins sera difficile, voire même impossible à mettre en place dans certains cas. Les répondants ont d’ailleurs été nombreux à nous faire part de cet élément.

Notons en complément d’information que lors du congrès annuel des représentants du milieu municipal, cet aspect a également été abordé. Selon des propos qui nous ont été rapportés, plusieurs ont évoqué l’absence de balises claires et l’analyse des plaintes au cas par cas par la CDPDJ comme étant des facteurs contribuant à aggraver la perception que le fardeau de la preuve appartient aux dispensateurs de services qui ont l’obligation d’accueillir tout le monde, peu importe les ressources disponibles et la notion de sécurité pour tous.

Devant cette perception justifiée ou non et devant l’absence de ressources plus spécialisées dans la communauté pour répondre aux demandes plus complexes, plusieurs villes et organismes se sentent obligés d’accepter toutes les demandes reçues, peu importe leur capacité réelle en termes de dispensation de services. Ils font donc le choix d’accueillir tout le monde et croisent les doigts en espérant que tout ira pour le mieux.

 

Profil des accompagnateurs

Pour répondre aux besoins des participants inscrits et s’assurer de la sécurité de tous, la plupart des villes et organismes procèdent à l’embauche d’accompagnateurs en soutien au personnel d’animation. Pour plusieurs, la présence d’accompagnateurs en camp de jour est perçue comme étant une mesure spécialisée mise en place par les dispensateurs de services pour répondre efficacement aux besoins, et ce peu importe la nature de ceux-ci.

 

Ce que l’on constate toutefois dans les faits, c’est que les accompagnateurs sont très souvent de jeunes étudiants en quête de premières expériences de travail en lien avec un domaine d’étude connexe au poste de travail. Notons que contrairement au milieu scolaire ou au réseau de la santé et des services sociaux, la très grande majorité des accompagnateurs sont âgés entre 16 et 18 ans (63 %) et ont peu ou pas d’expérience auprès des personnes ayant des besoins particuliers.

 

Précisons également que le poste d’accompagnateurs n’est d’une durée que de quelques semaines, ce qui limite grandement la prise d’expérience ou le développement de nouvelles habiletés en cours d’été. Les gestionnaires nous ont également signalé leur très grande difficulté de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre (82 %), particulièrement lorsqu’il s’agit de pourvoir des postes d’accompagnateurs.

 

Ces éléments sont pour nous très préoccupants, considérant l’augmentation des demandes et la nature des besoins qui tend à se complexifier. Rappelons qu’un (1) répondant sur deux (2) juge que leurs accompagnateurs ne sont pas suffisamment bien outillés pour exécuter leur travail auprès des jeunes dont ils ont la responsabilité.

Ajoutons à cela que la nature même du camp de jour fait en sorte que le tout se déroule majoritairement à l’extérieur ou dans des lieux physiques qui ne permettent pas toujours la mise en place d’encadrement ou de mesures adéquates pour répondre aux besoins spécifiques d’un participant (exemple : soins d’hygiène, manipulation de médication, lieu de retrait, atténuation du bruit ambiant, etc.).

 

Du point de vue des parents, l’âge des accompagnateurs et le manque de formation et d’expérience de ceux-ci ont également été soulevés comme étant une préoccupation importante. Plusieurs parents préféreraient d’ailleurs que leurs enfants puissent bénéficier d’un camp spécialisé ou d’un accompagnement à domicile qui serait davantage adapté aux besoins de leur enfant.

 

Retrait des participants durant le camp de jour

En tenant compte de tout ce qui précède, sommes-nous véritablement surpris d’apprendre qu’il est possible que des participants soient retirés des camps en cours d’été ? Évidemment que non. Toutefois, ce qui attire particulièrement notre attention quant aux données présentées, c’est le pourcentage beaucoup trop élevé de problématiques de violence ou de trouble grave du comportement qui constituent les principaux motifs de retrait.

Comment expliquer ces difficultés autrement qu’en recentrant les participants au cœur même de la réflexion ? Qu’essaient-ils de nous dire lorsqu’ils s’opposent, qu’ils refusent de participer aux activités proposées, qu’ils deviennent violents verbalement, qu’ils tentent de fuguer ou qu’ils s’en prennent physiquement à eux-mêmes, aux autres participants ou encore au personnel ?

Ne sont-ils pas en train de nous signifier un inconfort ou un non-désir d’être là où ils sont ? Réagissent-ils en raison du bruit trop élevé ou en raison des choix d’activités qui ne correspondent pas du tout à leurs champs d’intérêt ?

Quoi qu’il en soit, il est clair pour nous que ces participants ne se sentent pas bien et qu’ils le manifestent à leur façon. Quant aux parents, ces retraits en cours d’été peuvent avoir un impact majeur tant sur le plan émotionnel, financier que sur le plan de la conciliation travail-famille. Selon plusieurs, ces retraits en cours d’été ont d’ailleurs lieu très souvent dans les premières semaines de camp, obligeant ainsi les parents à devoir trouver une alternative pour le reste de l’été.

En ce qui a trait au personnel des camps de jour, le retrait d’un participant est souvent perçu comme étant un échec qui survient suite à de nombreuses tentatives et au sentiment d’impuissance qui touche tant le personnel du milieu municipal que celui des organismes communautaires qui disons-le, sont souvent considérés à tort comme étant des organismes spécialisés.

À ce propos, considérant que ces derniers font face aux mêmes contraintes que les municipalités et qu’ils embauchent le même type d’employé, il serait beaucoup plus juste à notre avis de parler d’eux en termes de ressources adaptées en raison des particularités de la clientèle desservie plutôt qu’en termes de ressources spécialisées qui réfèrent généralement à des équipements, des lieux, du matériel mieux adapté et un niveau d’expertise beaucoup plus élevé.

Mais où sont-elles ces ressources spécialisées provenant généralement du réseau de la santé et des services sociaux ? Il fut une époque où certains secteurs avaient établi des protocoles de collaboration pour assurer notamment le soutien du réseau de la santé aux villes et aux organismes.

Depuis les réformes consécutives dans le réseau de la santé et des services sociaux, nombreuses collaborations ont malheureusement disparu, sans que nous en connaissions véritablement les raisons. Tant du point de vue des organismes communautaires que du milieu municipal, ce soutien qu’offrait les divers intervenants du réseau de la santé et des services sociaux était pourtant essentiel et très apprécié.

Conclusion

À la lumière de l’état de situation que nous avons produit, grâce aux nombreux partenaires qui ont accepté de nous témoigner de leurs réalités, certains éléments nous sont apparus comme étant essentiels à relever.

D’entrée de jeu, nous tenons à saluer tout le travail qui est effectué par les villes et les organismes qui, selon la lecture que nous en faisons, font généralement tout en leur pouvoir pour favoriser l’inclusion et la participation sociale de la grande majorité des personnes ayant des besoins particuliers, et ce avec très peu de moyens à leur disposition. Ils rencontrent toutefois des obstacles majeurs pour certains types de besoins plus complexes à résoudre et pour lesquels y sont généralement laissés à eux-mêmes.

De façon générale, l’état de situation que nous avons produit, jumelé aux commentaires reçus des parents, nous permet de conclure que l’intégration et la participation des enfants à besoins particuliers se déroulent bien en camp de jour estival. On note toutefois qu’un certain volume d’enfants dont les besoins sont plus importants requiert ou monopolise des ressources souvent insuffisantes ou inexistantes, et ce tant dans les municipalités que dans les organismes communautaires. Ces mêmes enfants vivent alors une moins bonne expérience en termes de participation et leur intégration est très souvent compromise.

De plus, on nous témoigne qu’en l’absence de ressources spécialisées dans les communautés pour répondre à ces besoins plus importants, une certaine pression serait exercée sur les dispensateurs de services afin d’accueillir des enfants, malgré l’insuffisance de moyens pour répondre à leurs besoins.

Nous trouvons d’ailleurs très regrettable que les municipalités et les organismes communautaires aient à vivre ce genre de pression en période estivale, alors que nous savons que tout au long de l’année, de nombreuses mesures sont mises en place pour supporter ces mêmes enfants en milieu scolaire. En effet, nous trouvons important ici de faire le parallèle entre le type d’encadrement offert à l’école pour ces mêmes enfants et ce qui est exigé aux villes et organismes par les intervenants et les parents en période estivale. Sans affirmer que les services offerts aux élèves sont adéquats et en nombre suffisant, il n’en demeure pas moins que certains enfants bénéficient en cours d’année d’école spécialisée, de classe adaptée, de personnel compétent et expérimenté, d’équipe multidisciplinaire, de personnel médical et de lieux physiques encadrés et adaptés à leurs besoins.

Ces dispositions visant à assurer leur encadrement, leur bien-être et leur réussite sont néanmoins jugées par le milieu scolaire comme étant insuffisantes pour le bien des enfants et du personnel. Et voilà qu’arrive la période estivale et ces mêmes enfants devraient pouvoir, par le plus grand des miracles, s’intégrer et participer aux activités proposées sans trop de difficulté, parce qu’ils sont accompagnés d’un jeune accompagnateur peu formé et inexpérimenté.

Cette pensée magique vient-elle de l’aveuglement volontaire ou d’un simple manque de compréhension quant à la réalité vécue sur le terrain par les organismes communautaires et les villes ?

Dans un tel contexte, ne sommes-nous pas en train de placer systématiquement les enfants ayant des besoins plus spécifiques en situation d’échec ?

Conscients de l’âge, de la formation et de l’expérience insuffisante de la grande majorité des accompagnateurs embauchés et du niveau de responsabilité qu’on exige d’eux, des lieux variés (intérieurs et extérieurs) où se déroulent généralement les camps de jour et du niveau de sécurité et d’encadrement requis pour l’ensemble des enfants, sommes-nous en train d’attendre qu’une situation grave se présente avant de réagir et de chercher des solutions plus acceptables pour le bien des dispensateurs de services, mais surtout, pour la sécurité des enfants dont nous nous préoccupons?

Devant un tel constat, il nous apparaît évident que nous devons collectivement nous pencher sur ces problématiques qui ont été identifiées afin de mettre en place des solutions viables et réalistes, principalement pour assurer le bien-être, la dignité et la sécurité de tous les participants, particulièrement ceux qui ont des besoins plus importants en termes de mesures et d’encadrement.

Pour y arriver, nous devrons impérativement nous poser certaines questions et y répondre :

  • Est-ce que les services de camp de jour municipaux et ceux offerts par les organismes communautaires doivent obligatoirement accueillir tout le monde, nonobstant leurs capacités ou la nature des mesures d’accompagnement à mettre en place ?
  • Est-il sécuritaire de confier l’accompagnement ou l’application de certaines mesures en camp de jour à du personnel inexpérimenté âgé de moins de 18 ans ? Faudra-t-il embaucher du personnel spécialisé et expérimenté et qui absorbera la facture le cas échéant ?
  • Quel rôle devrait jouer le réseau de la santé et des services sociaux dans ce contexte ?
  • Quel rôle devrait jouer le Ministère de la Famille dans ce contexte ?
  • Est-ce possible pour la CDPDJ d’émettre des balises plus claires en ce qui a trait à la notion de contrainte excessive et l’obligation d’accommodement raisonnable en contexte de camp de jour estival ?
  • Pour assurer la sécurité et le bien-être de certains participants ayant des besoins plus importants ou plus complexes, devrait-on développer des ressources plus spécialisées ?
  • Devrait-on offrir un programme d’accompagnement à domicile pour des besoins plus importants ou plus complexes ou pour faciliter la conciliation travail- famille ?

 

Pour alimenter cette réflexion, il faudra également interpeller tous les ministères et organismes concernés par cet état de situation afin qu’ensemble, nous puissions réfléchir et mettre en place des mesures qui permettront à toutes les personnes ayant des besoins particuliers d’obtenir un service répondant à leurs besoins réels en période estivale.

 

 

 

 

Nos revendications

Considérant que :

  • Le Groupement des associations de personnes handicapées de la Rive-Sud de Montréal (GAPHRSM) et le Groupement des associations de personnes handicapées de Richelieu-Yamaska (GAPHRY) sont des regroupements régionaux voués à la défense collective des droits et à la promotion des intérêts des personnes handicapées.

 

  • Zone Loisir Montérégie (ZLM) est un organisme régional, sans but lucratif, responsable de la promotion du loisir des personnes handicapées (auditives, intellectuelles, motrices, visuelles) ou ayant un problème de santé mentale.

Et :

  • Que les organismes communautaires et les villes n’ont pas à partager seuls la responsabilité de répondre à l’ensemble des besoins et qu’ils doivent être supportés par les ressources du milieu.

 

  • Que les enfants ou les adultes ayant des besoins plus importants ont droit, comme toute autre personne, d’avoir accès à un service répondant à leurs besoins spécifiques.

Nous demandons et revendiquerons :

  • Qu’un panier de services mieux adapté aux besoins des personnes, des familles et des milieux soit développé en période estivale :
    • Mise sur pied de ressources spécialisées et surspécialisées administrées par le réseau de la santé et des services sociaux qui incluront du personnel qualifié, de l’équipement et un environnement adapté aux besoins (N.B. L’utilisation des installations du réseau scolaire pourrait répondre à certains besoins d’offre de services);
    • Mise sur pied d’un service d’accompagnement à domicile administré par le Ministère de la Famille;
    • Maintien et bonification de l’offre de services actuellement offerte par les villes et les organismes communautaires.

 

  • L’amélioration du soutien aux dispensateurs de services :
    • Mise en place d’un protocole de collaboration standardisé définissant les rôles et responsabilités de chacun et l’implication du réseau de la santé et des services sociaux et celle du réseau de l’éducation :
      • Pour le soutien, le partage d’information et l’analyse des demandes d’admission;
      • Pour le soutien et la référence et l’intervention terrain lorsque requis;
      • Pour l’accès à des formations spécifiques et ajustées au besoin et offertes par le réseau.

 

  • Que soient revues par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) les exigences du programme et que soit bonifié le financement du Programme d’assistance financière au loisir des personnes handicapées pour mieux soutenir l’embauche d’accompagnateurs.

 

  • Que soient clarifiées par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) la notion de contraintes excessives et l’obligation d’accommodement raisonnable dans un contexte de camp de jour estival.

journée de réflexion et de mobilisation de l’AQRIPH

journée de réflexion et de mobilisation portant sur la réappropriation de la défense collective des droits, dans le cadre de la tournée d’envergure nationale de l’AQRIPH.

L’objectif est de renforcer l’importance de la défense des droits exercée par les organismes, de valoriser les organismes dans l’exercice de ce rôle.

Document Word Rapport-de-la-tournée
Document Acrobat reader Rapport-de-la-tournée

Document Word Démarche-structurée 2020
Document Acrobat reader Démarche-structurée 2020

Document Word Guide-défense-collective-des-droits 2020
Document Acrobat reader Guide-défense-collective-des-droits 2020

Pour un corridor piétonnier libre d’obstacles

Télécharger la version Word

Très prisées des personnes candidates pour se faire connaître des électeurs, les pancartes électorales présentes dans le couloir piétonnier s’ajoutent aux nombreux défis auxquels les personnes aveugles et malvoyantes font face au quotidien lors de leurs déplacements. C’est pourquoi le Regroupement des aveugles et amblyopes a interpelé les partis politiques avant le déclenchement de la campagne électorale pour leur faire part des bonnes pratiques d’affichage à respecter.

Puisque la canne blanche permet de détecter les obstacles au sol, les personnes aveugles et malvoyantes risquent d’entrer en collision avec les pancartes électorales installées en bordure de trottoir à la hauteur du corps ou du visage. Ainsi, l’Institut Nazareth et Louis-Braille (INLB) et Société logique indiquent que l’affichage, qu’il soit temporaire ou permanent doit être installé de façon à ne pas faire saillie dans le corridor piétonnier et que ce dernier doit être libre d’obstacles sur une hauteur d’au moins 2030 mm (6’8’’).

La campagne électorale étant maintenant terminée, les pancartes disparaîtront peu à peu du paysage, hormis quelques-unes oubliées ici et là. Ce n’est malheureusement pas pour autant que les personnes aveugles et malvoyantes pourront se déplacer sans obstacle.

En effet, que ce soit en hauteur ou au sol, le corridor piétonnier est trop souvent parsemé d’objets de toutes sortes. Pancartes de travaux publics, panneaux promotionnels pliants, poubelles, vélos accrochés aux poteaux, trottinettes; voilà autant de dangers de collisions qui présentent des risques de chutes et de blessures.

Le RAAMM vous invite à prendre conscience de toutes les entraves que vous semez, involontairement, sur le chemin des personnes aveugles et malvoyantes. Que ce soit devant votre résidence ou votre commerce, svp gardez le trottoir libre d’obstacles.

Si des corridors piétonniers libres d’obstacles facilitent les déplacements des personnes aveugles et malvoyantes, ils assurent également à l’ensemble de la population des déplacements plus fluides et sécuritaires. Que ce soit les personnes à mobilité réduite, les parents avec poussette, les personnes chargées de paquets, tout le monde profitent d’un trottoir bien dégagé. Pourquoi s’en priver?

Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain (RAAMM)
www.raamm.org
www.facebook.com/RAAMM.mtl
514-277-4401

Télécharger la version Word

COMPÉTENCE FÉDÉRALE ET PROVINCIALE

Télécharger la version Word

Voici un bref aperçu de la répartition des pouvoirs provinciaux et fédéraux, ces champs de compétence assignés par la constitution canadienne.

Politiques bancaires, monétaires — Fédéral
Commerce interprovincial et international — Fédéral
Transports aériens et ferroviaires — Fédéral
Télécommunications et radiodiffusion — Fédéral
Affaires étrangères/aide internationale — Fédéral
Défense et anciens combattants — Fédéral
Sécurité à la frontière — Fédéral
Assurance-emploi — Fédéral
Droit criminel — Fédéral
Péréquation — Fédéral
Impôt indirect — Fédéral
Impôt direct — Fédéral et Provincial
Pensions et soutien du revenu — Fédéral et Provincial
Premières Nations — Fédéral et Provincial
Immigration — Fédéral et Provincial
Agriculture — Fédéral et Provincial
Industrie — Fédéral et Provincial
Environnement — Fédéral et Provincial
Maintien de l’ordre — Fédéral et Provincial
Infrastructure de transport — Fédéral et Provincial
Logement — Fédéral et Provincial
Formation et recherche — Fédéral et Provincial
Santé publique — Fédéral et Provincial
Enseignement primaire et secondaire — Provincial
Soins de santé — Provincial
Établissements municipaux — Provincial
Aide sociale et services sociaux — Provincial
Ressources naturelles — Provincial
Administration de la justice — Provincial

Transferts fédéraux vers le provincial (fonds)

  • Appui à l’enseignement postsecondaire ; à l’aide sociale et aux services sociaux
  • Le Fonds d’intégration pour les personnes handicapées créé en 1997 est doté d’un budget annuel de 30 millions de dollars. La majeure partie de cette somme (26,8 millions) va à des accords de contribution qui visent à aider les personnes handicapées à surmonter les obstacles à l’emploi, à se préparer au marché du travail, à trouver et à garder un emploi ou à devenir travailleurs indépendants. Ce programme se distingue notamment par le fait qu’il n’est pas rattaché à l’assurance emploi et que quiconque a besoin d’aide peut en obtenir auprès de ses prestataires.
  • Le programme Alphabétisation et compétences essentielles.
  • Le Fonds pour l’accessibilité a été créé pour soutenir des projets qui éliminent les obstacles, améliorent l’accessibilité et permettent dans tout le pays aux personnes handicapées de travailler et de participer pleinement aux activités de leur collectivité.
  • Le Programme canadien de bourses aux étudiants (PCBE) s’adresse aux étudiants issus de familles à faible revenu et à revenu moyen, aux étudiants ayant des personnes à charge, aux étudiants à temps partiel et aux étudiants qui ont une incapacité permanente. Ces derniers peuvent obtenir une bourse de 2 000 $ par année universitaire pour couvrir en partie les frais de logement, de scolarité et d’achat des livres. Une autre subvention sert à l’achat de l’équipement et des services nécessaires aux étudiants ayant une incapacité permanente, jusqu’à un maximum de 8 000 $ par année universitaire.

Compétences fédérales en matière de personnes handicapées

À l’heure actuelle, de nombreux services et programmes directement ou indirectement dispensés par le gouvernement fédéral prévoient d’accroître l’inclusion et la participation citoyenne. Il s’agit, entre autres, de programmes d’assistance financière à participation, comme l’assurance-emploi, la prestation d’invalidité du Régime de pensions du Canada (PI-RPC) ou des programmes directement dispensés par le gouvernement fédéral comme le «Fonds d’intégration» qui soutient les initiatives d’employabilité ainsi qu’une vaste gamme de mesures fiscales pour compenser les coûts supplémentaires liées aux limitations fonctionnelles et créer une plus grande équité fiscales pour les personnes handicapées et leurs familles. Il existe également des ententes fédérales/provinciales comme les Ententes multilatérales sur le marché du travail visant les personnes handicapées et qui injectent des fonds dans les provinces et territoires pour des services et des mesures de soutien. D’autres stratégies politiques nationales comme celles portant sur le logement, l’emploi, les garderies, pourraient également intégrer une composante personnes handicapées.

LES ENJEUX DE LACAMPAGNE ÉLECTORALE FÉDÉRALE

Logements abordables-Environnement-Soins de santé-Immigration

Fiscalité : crédits d’impôt

Banques

L’industrie bancaire ne s’est pas adéquatement conformée à son obligation d’assurer l’inclusion et L’accessibilité des personnes handicapées. Plusieurs de ces obstacles découlent d’ailleurs du peu d’attention accordée aux principes de l’aménagement universel à l’étape conceptuelle.

Emploi

Le taux d’emploi des personnes handicapées se maintient à un niveau inacceptable. Cela s’applique aussi bien aux employeurs relevant de la compétence fédérale qu’à ceux relevant de la compétence provinciale

Le gouvernement du Canada est un grand employeur. Il pourrait donc, s’engager à devenir un employeur modèle en établissant des cibles et des buts pour une représentation accrue des personnes handicapées au sein de la fonction publique fédérale.

La Loi sur l’équité en matière d’emploi devrait sans doute être modifiée pour prévoir l’établissement de buts et d’échéanciers ainsi que des mécanismes d’exécution pour atteindre les objectifs visés. De plus, les Ententes sur le développement du marché du travail devraient être modifiées afin d’établir des cibles précises en vue d’éradiquer le chômage des Canadiens avec des déficiences.

Soutien aux personnes handicapées et aux familles

Télécommunications Ces développements technologiques peuvent d’avoir d’importantes répercussions positives dans la vie des personnes handicapées et accroître radicalement leur participation et leur inclusion. Mais de rapides changements technologiques non maîtrisés risquent d’exclure les personnes handicapées si l’accessibilité n’est pas perçue comme une caractéristique essentielle de leur développement. Contrairement à la Loi sur les transports, l’actuelle Loi sur les télécommunications ne traite pas spécifiquement des questions des personnes handicapées.

Infrastructure ; transport collectif couvrant les transports aériens, ferroviaires, par autobus routiers et par traversiers interprovinciaux, établit un régime visant à assurer l’accessibilité des transports pour les personnes handicapées.

Démocratie accessible. Bien qu’Élections Canada ait pris d’importantes mesures pour permettre aux personnes handicapées de voter lors d’élections fédérales, des plaintes continuent à être déposées quant à la complexité indue ou l’impossibilité du scrutin. Outre l’élimination des obstacles lors du scrutin, des démarches doivent être effectuées pour que les personnes handicapées puissent participer à toutes les activités électorales ainsi qu’à celles des partis nationaux. Cela inclut notamment d’assister à des réunions de candidats et à des fonctions de partis politiques avec les accommodements requis pour une fructueuse participation. Des aménagements doivent également être prévus pour que les personnes handicapées puissent efficacement briguer les suffrages. Leur participation comme députés fédéraux doit être devenir un important but sociétal. Énoncer clairement cette aspiration et prescrire les mécanismes requis à cette fin.

Exemples d’obstacles auxquels le gouvernement fédéral pourrait s’attaquer avec un régime global d’élimination des obstacles, des actes législatifs spécifiques ou par le biais de la commission canadienne des droits de la personne :

Accès au milieu bâti, aux transports, aux télécommunications, aux technologies électroniques et d’information.

Exemples :

  • Des guichets bancaires que ne peuvent utiliser les personnes aveugles ;
  • Aéroports ne communiquant les informations de vols que sur écrans vidéo ;
  • Des chaînes de télévision n’offrant pas le sous-titrage ou de vidéo description ;
  • Des édifices et parcs fédéraux non accessibles aux personnes à mobilité réduite ;
  • Des règlements de l’industrie du transport, discriminatoires pour les personnes ;
  • Des bureaux de postes sans systèmes d’alarme visibles ;
  • L’accessibilité dans d’importantes sphères du secteur privé réglementé par le gouvernement fédéral.

Vers une Loi canadienne sur les personnes handicapées (Qu’en pensez-vous?)

Il n’existe actuellement aucune loi fédérale globale s’appliquant aux personnes handicapées, mais l’idée d’en adopter une circule depuis des décennies. De nombreuses voix ont demandé que les autorités légifèrent afin d’éliminer les obstacles qui empêchent la pleine participation et l’égalité des personnes handicapées.

Au budget 2016, le gouvernement fédéral a lancé une consultation auprès des Canadiens « pour orienter l’élaboration d’une loi prévue, laquelle transformera la manière dont le gouvernement du Canada traite les questions d’accessibilité »

Les principaux messages exprimés : se traduire par des expériences plus uniformes en matière d’accessibilité à l’échelle du Canada ; prévoir des mécanismes de surveillance et d’application ; s’appliquer à tous les champs de compétence du gouvernement fédéral ; changer la façon de voir l’accessibilité et les personnes handicapées.

EXEMPLES DE LOIS FÉDÉRALES QUI CONCERNENT LES PERSONNES HANDICAPÉES

charte des compétences gouvernementales (bibliothèque du Parlement)

Télécharger la version Word

L’ACCESSIBILITÉ SUR LES TERRASSES ET AUX ÉVÈNEMENTS PUBLICS

C’est l’été, il fait beau, c’est la saison des terrasses extérieures et des nombreux festivals où chaque citoyen est convié pour se divertir. Participer à la vie dans sa communauté, rencontrer des amis, se donner rendez-vous au restaurant ou dans un bar, voilà autant d’activités estivales où tout le monde devrait pouvoir y participer en toute liberté et sécurité.

Pourtant, les personnes handicapées n’ont pas toujours un accès facile dans certains lieux et lors d’événements grand public. Elles doivent souvent faire face à des barrières physiques, sociales et de communication qui font obstacle à leur participation sociale active.

Pour remédier à ces situations, souvent discriminatoires, il faudra que notre société adopte la vision d’un monde dans lequel toute la population peut bénéficier d’un environnement permettant un usage identique ou similaire, autonome et simultané par tous citoyens.

Cette vision est liée à l’accessibilité universelle qui a pour but d’aménager des environnements sans obstacle où toute la population, qu’il s’agisse des personnes handicapées ou des personnes vieillissantes, peut participer.

Tous les restaurateurs ou organisateurs de festival souhaitent connaitre du succès et atteindre le plus grand nombre. Ils augmenteraient substantiellement leur part de marché, s’ils devenaient et s’affichaient universellement accessibles, considérant que les personnes ayant des limitations fonctionnelles représentent 33,3% de la population.

L’accessibilité universelle est un gage de qualité, elle tient compte des besoins de tous : accueillant adéquatement les personnes se déplaçant avec une poussette, une canne, des béquilles, un déambulateur, un quadriporteur, un fauteuil roulant, etc.IL ne s’agit pas juste de se rendre ou d’entrer dans un lieu, mais de s’assurer que les personnes ayant de la difficulté à s’exprimer, à voir, à entendre, à comprendre puissent aussi participer pleinement et passer un bon moment.

Pour une expérience réussie tout doit être pris en considération. Le parcours complet doit être accessible et l’accent doit être mis particulièrement à l’accueil des personnes car du personnel bien formé fera toute la différence.

L’accessibilité universelle permet de développer l’image de marque et est une valeur ajoutée puisqu’elle dessert tout le monde.

Pauline Couture
Groupement des associations de personnes handicapées de la Rive-Sud de Montréal

SYNTHÈSE SUR LES RESSOURCES RÉSIDENTIELLES

Téléchargements

SYNTHÈSE-SUR-LES-RESSOURCES-RÉSIDENTIELLES document PDF

SYNTHÈSE-SUR-LES-RESSOURCES-RÉSIDENTIELLES-ACCESSIBLE Document Word

Ce que nous révèle la Plateforme de revendications

« Un besoin non comblé est un droit bafoué ! »

CE QU’ON NOUS A DIT

« La famille souhaite que l’enfant quitte la maison avant que les parents décèdent. Ne veut pas que la fratrie compense… Qui va prendre soin de l’enfant aussi bien que les parents? »

« Je souhaiterais un appartement supervisé 24/7 ou un milieu familial avec encadrement et avoir accès à divers services à proximité ».

« Il n’existe pas de ressources d’hébergement de longue durée pour les jeunes adultes »

« J’habite un grand bungalow dont les accès deviennent de plus en plus difficiles à négocier. Je considère être trop jeune pour me placer en hébergement. Quels sont mes choix? »

« Perte du domicile par incapacité de payer les frais d’adaptation »

CE QUI EST DÉMONTRÉ AU SONDAGE

93% des répondants vivent à domicile soit avec la famille naturelle, ou en couple ou seule.

7% En RI ou RTF; 1% en appartement supervisé et 1 % en CHSLD

64% des familles se demandent ce qu’il adviendra de la relève lorsqu’elles ne seront plus en mesure d’assumer le quotidien?

28 % des répondants sont en attente d’un milieu d’hébergement.

26% des répondants mentionnent que les coûts reliés à l’habitation sont trop élevés.

44% des répondants sont en attente d’un logement subventionné, soit en attente pour un logement accessible ou soit en attente de subventions ou d’aides techniques pour adapter leur domicile.

LE SONDAGE RÉVÈLE QUE…

Plusieurs personnes handicapées attendent encore plusieurs mois et même plusieurs années, avant d’avoir une place dans une ressource résidentielle du réseau de la santé et des services sociaux ou une adaptation de leur domicile.

REFLET DE LA GRANDE RÉALITÉ DES FAMILLES 

« Nous prévoyons commencer les démarches pour offrir à notre enfant un milieu de vie agréable afin qu’il se sente autonome. Nous ne savons pas vraiment à qui s’adresser et si cela peut être possible. Cela est très insécurisant ! »

« … quel soutien mon enfant va-t-il avoir à l’avenir? Rien n’apparaît moins clair! ».

SAVIEZ-VOUS QUE…

Le Cadre de référence du ministère de la santé et des services sociaux pour l’organisation des services en déficience physique, déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme (2017).

Les différents services doivent être accessibles au moment approprié, pour un véritable continuum, qui visent le développement de la personne lui permettant d’avoir une autonomie fonctionnelle optimale dans les domaines suivants : développement de l’autonomie personnelle, résidentielle, sociale, scolaire et professionnelle. https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2017/17-824-04W_accessible.pdf

Le cadre de référence sur les ressources intermédiaires et les ressources de type familial, (RI-RTF) 2016.

Il s’adresse principalement aux établissements, mais il concerne toutes les ressources et toutes les clientèles. Il présente les lignes directrices qui guident les acteurs du réseau de la santé et des services sociaux pour offrir une prestation de services de qualité aux usagers.

https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2015/15-801-01W.pdf

Le plan des engagements gouvernementaux 2015-19 (PGMO) visant à favoriser la mise en œuvre de la politique À part entière pour un véritable exercice du droit à l’égalité.

Les engagements 56-57 et 59 de la SHQ et du RSSS sont:

D’intensifier la réalisation de projets de logements autonomes, avec ou sans soutien;

De favoriser l’accès au programme Accès Logis Québec aux personnes handicapées

De favoriser l’adaptation de logements et l’accessibilité des immeubles à loyer modique. https://www.ophq.gouv.qc.ca/fileadmin/centre_documentaire/Documents_administratifs/PlanEngGouv2015-2019.pdf

 

NOUS REVENDIQUONS

Que les CISSS de la Montérégie offre aux personnes handicapées la possibilité de se loger adéquatement selon leurs besoins spécifiques dans un lieu librement choisi et correspondant à leur projet de vie.

Que les CISSS de la Montérégie développent des ressources alternatives diversifiées et de logements supervisés avec ou sans soutien, en réponse aux besoins des personnes handicapées et à proximité de leurs familles.

Que les CISSS de la Montérégie développent des alternatives à l’hébergement en CHSLD pour les personnes handicapées de moins de 65 ans en tenant compte qu’elles sont en quête d’autonomie et non en perte d’autonomie.

Que les municipalités de la Montérégie abolissent les tarifs relatifs à l’acquisition des certificats requis dans le cadre d’un projet d’adaptation des domiciles et que ce soit reconnu comme une mesure d’accommodement.

Que les décideurs (SHQ-CISSS-municipalités-promoteurs) intensifient le développement de nouveaux projets d’habitations communautaires et sociales (coopératives, HLM, OBNL) universellement accessibles.

Que les décideurs favorisent l’accès et à des logements et immeubles adaptés à prix modique.

S’unir pour agir

Extrait de la plateforme de revendications produite par le Groupement des associations de personnes handicapées de la Rive-Sud de Montréal. La plateforme intégrale en version accessible est disponible sur le site Web www.gaphrsm.ca

 

 

SYNTHÈSE SUR LA PARTICIPATION SOCIALE

Téléchargements

SYNTHÈSE SUR LA PARTICIPATION SOCIALE document PDF

SYNTHÈSE SUR LA PARTICIPATION SOCIALE accessible Document Word

SYNTHÈSE SUR LES ACTIVITÉS SOCIALES ET PROFESSIONNELLES

Ce que nous révèle la Plateforme de revendications

« Un besoin non comblé est un droit bafoué ! »

CE QU’ON NOUS A DIT

« À la fin de l’année scolaire des 21 ans de ma fille, il n’y avait aucun service offert ».

« Aucun service à temps plein n’est offert pour répondre aux besoins après l’école ».

« J’ai travaillé à temps plein puis après la sclérose en plaques, à temps partiel. Depuis 4 ans, je ne travaille plus, car on m’a signifié qu’on n’avait plus besoin de moi ».

« Je n’ai pas de travail rémunéré depuis 2003, seulement di bénévolat ».

« Peu d’activités intéressantes avec supervision adéquate »

« J’aurais besoin d’un accompagnateur lors de sorties à l’extérieur ou lors d’activités spéciales ».

« Mon enfant participe uniquement aux activités de loisirs adaptés parce que les autres milieux n’ont pas les capacités de l’intégrer ».

CE QUI EST DÉMONTRÉ AU SONDAGE

51% des répondants mentionnent rencontrer des obstacles à leur participation sociale dont 43% d’entre eux pour l’accès à un centre de jour, 55% pour un travail rémunéré et 37 % pour des activités dans leur communauté.

Au niveau de l’emploi, 53% des répondants disent avoir rencontré des difficultés. De ce nombre, 43% mentionnent que la recherche d’emploi est difficile.

36% disent avoir vécu une intégration difficile dans l’équipe de travail et 33% témoignent de l’incompréhension de l’employeur face au handicap.

49% des répondants sont sans emploi rémunéré et ceux qui ont un emploi, 41% occupent un poste à temps partiel.

56% des répondants participent à des activités sociales de loisir, de sport et de bénévolat.

LE SONDAGE RÉVÈLE QUE…

37% des répondants mentionnent l’absence de service d’accompagnement pour favoriser leur participation sociale.

29% des répondants mentionnent un manque d’accès et de flexibilité du transport pour répondre à leurs besoins.

Les principales raisons évoquées sont :

Le manque de soutien à l’intégration.

Le manque d’information sur l’offre de service disponible.

Le déficit criant de services socio-professionnels aux 21 ans et plus.

VOS DROITS

SAVIEZ-VOUS QUE…

La politique À part Entière s’appuie sur différents fondements juridiques, dont la Charte des droits et libertés de la personne et la Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale. Elle repose également sur des fondements conceptuels, plus particulièrement sur une conception renouvelée de la participation sociale. (2009). Entre autres : Améliorer le revenu des personnes handicapées ; accroître la participation des personnes handicapées sur le marché du travail, sans discrimination; le développement de services structurés d’accompagnement.

Le rapport des activités socioprofessionnelles et communautaires : état de la situation et des actions convenues pour l’amélioration des services (2014). Il engage le ministère de la Santé et des Services sociaux, son réseau et ses partenaires dans une démarche structurée afin d’améliorer les services aux personnes ayant une déficience dans le cadre de différents cheminements : la transition école vie active, le développement de leurs compétences et habiletés de travail ; les activités contributives pour désigner la participation à des activités de production de biens ou de services chez un tiers, sous la forme d’un stage ou d’un plateau de travail et les activités de jour pour poursuivre le développement de l’autonomie ou le maintien des acquis et l’accès à des contacts sociaux. https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-001084/

Le Cadre de référence du ministère de la santé et des services sociaux pour l’organisation des services en déficience physique, déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme (2017).Les différents services doivent être accessibles au moment approprié, pour un véritable continuum, qui visent le développement de la personne lui permettant d’avoir une autonomie fonctionnelle optimale dans les domaines suivants : développement de l’autonomie personnelle, résidentielle, sociale, scolaire et professionnelle. https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2017/17-824-04W_accessible.pdf

NOUS REVENDIQUONS

Que les CISSS de la Montérégie développent une offre de services en continuité et en qualité qui répond aux différents profils des personnes en D.I, en D.P. et en TSA et que ces milieux soient stimulants et non considérés comme des lieux de répit ou de gardiennage.

Que soit développé un réel programme d’accompagnement visant à soutenir l’autonomie et la participation sociale des personnes tel que le prévoit la Politique à Part Entière.

Que les décideurs du réseau public et parapublic en Montérégie participent au programme d’accès à l’égalité en emploi et facilitent l’embauche des personnes handicapées, leur assurant un salaire permettant d’améliorer leur qualité de vie.

Que les services de transport collectif soient améliorés pour permettre un meilleur accès aux divers services offerts aux personnes handicapées en tenant compte de l’ensemble de la chaine de déplacement.

S’unir pour agir

Extrait de la plateforme de revendications produite par le Groupement des associations de personnes handicapées de la Rive-Sud de Montréal. La plateforme intégrale en version accessible est disponible sur le site Web www.gaphrsm.ca

 

 

Les proches aidants auprès des personnes handicapées

 

Télécharger le document « Les proches aidants auprès des personnes handicapées » en format PDF

Télécharger le document « Les proches aidants auprès des personnes handicapées » en format Word

L’opinion populaire associe souvent les proches aidants aux personnes agées. Saviez-vous que les personnes handicapées de tous âges ont aussi besoin d’aide humaine pour la réalisation de leurs activités?

Leurs besoins ne se limitent pas aux soins personnels ou aux activités de la vie courante. Dans plusieurs cas, et souvent sur une longue période de vie, elles ont besoin d’aide et d’accompagnement pour assurer leur pleine participation sociale.

Un proche aidant, c’est une personne de l’entourage qui apporte un soutien significatif, continu ou occasionnel, à une personne ayant une incapacité. Il peut s’agir d’un membre de la famille, d’un conjoint ou d’un ami. Être proche aidant est un rôle volontaire, exercé dans un contexte de libre choix éclairé et l’aidant doit avoir la possibilité de réévaluer en tout temps la nature et l’ampleur de son engagement.

Nous constatons depuis plusieurs années que le réseau de la santé et des services sociaux (RSSS) considère de facto la famille comme proche aidant pour diminuer ainsi le nombre d’heures de services publics.

Certes, l’aide des familles et des proches s’avère indispensable pour permettre aux personnes handicapées de s’épanouir et de participer socialement. Cependant, les rôles des membres de la famille ne doivent jamais être confondus avec ceux des proches aidants. Ils sont distincts et doivent le demeurer.

Les parents tiennent à faire savoir « qu’ils sont les pères et les mères, depuis la naissance et jusqu’à la fin de vie ». On doit donc prendre en compte leurs capacités et leurs responsabilités familiales, sociales et professionnelles.

Afin de préserver leur contribution et maintenir leur équilibre personnel et familial, le soutien à la famille et aux aidants est essentiel, puisque le soutien requis s’étend sur de longues années comparativement au soutien auprès des personnes âgées.

L’aide du RSSS doit par contre être encadrée afin que les aidants reçoivent des services appropriés pour compenser le stress, la fatigue physique et morale, l’usure prématurée occasionnés par les besoins particuliers d’un enfant ou d’un adulte handicapé.

Pauline Couture

www.gaphrsm.ca